M. Geschke, vous êtes en quarantaine pour la deuxième journée. Comment vous sentez-vous ?
Simon Geschke : On ne se sent pas vraiment à l'aise ici. La quarantaine est une chose, mais l'hôtel est déjà assez vieux et tout est exagérément strict ici. Les fenêtres sont même fermées à clé, ce que je ne comprends pas du tout. On ne peut pas commander de nourriture ou d'autres choses. Ici, absolument rien ne va. C'est moitié hôpital psychiatrique, moitié prison. Bien que le terme de psychiatrie soit plus approprié.
Alors que faites-vous toute la journée ?
Geschke : On est réveillé à 7 heures par un haut-parleur dans la chambre. Ensuite, il faut prendre la température et la saturation en oxygène. Je ne comprends pas pourquoi cela doit se faire si tôt, alors que l'on n'a presque rien à faire de la journée. Après tout, je n'étais pas préparée à une telle situation et je n'ai rien à faire pour m'occuper. Je voulais commander un ukulélé pour jouer un peu, mais c'est interdit. On ne peut pas passer sa journée les yeux rivés sur son téléphone portable ou son iPad.
Avez-vous la possibilité de vous entraîner ?
Geschke : Le DOSB est en train de m'organiser un rôle. Ma saison n'est pas terminée après les Jeux olympiques et il est important que je ne passe pas dix jours à regarder le mur. Mais il est très difficile de faire entrer quelque chose dans l'hôtel. Il y a trois gardes devant l'entrée principale, les portes sont fermées.
Avez-vous des contacts avec d'autres personnes ?
Geschke : A la réception, il y a une femme derrière une vitre. Trois fois par jour, on peut descendre dans le hall pour prendre son repas et rencontrer les autres sportifs et les moniteurs. C'est aussi là que l'on peut jeter ses déchets et prendre de la lessive par exemple, car le linge n'est pas lavé. Je lave moi-même mes sous-vêtements dans l'évier.
En savez-vous plus sur vos valeurs ?
Geschke : Mon score au scanner est de 32. On m'a dit qu'à partir d'un score supérieur à 30, on n'était pas contagieux. Cela expliquerait aussi pourquoi mon collègue de chambre Emanuel Buchmann n'a pas été contaminé. J'ai en effet partagé les toilettes et le lavabo avec lui pendant plusieurs jours, mais il a été testé négatif à plusieurs reprises. Pour moi, c'est un peu inutile d'être enfermé dans cet hôtel, mais ils jouent la carte de la triple sécurité. Cela fait cinq semaines que je ne suis pas rentré chez moi, car j'étais auparavant sur le Tour de France. Mentalement aussi, ça commence à être dur. C'est un cauchemar.
Allez-vous continuer à être testé ?
Geschke : Ici, on ne nous dit pas grand-chose sur la suite des événements ou sur le moment où il y aura un test. Jusqu'à présent, je n'en ai pas eu d'autre. Une Hollandaise m'a dit qu'on ne serait testé qu'au sixième jour. Si ce test et celui du lendemain sont négatifs, on peut quitter l'hôtel le huitième jour. C'est encore loin.
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