Robert Kühnen
· 08.08.2026
La huitième étape offre aux coureuses du classement général l'occasion de souffler un peu. Le parcours relie Sisteron à Nice, sur 171,9 kilomètres. Mais les difficultés topographiques sont minimes. Le col de Toutes Aures (6,4 km, 3,1 %), situé au bout de 76 kilomètres, est le point culminant du parcours ; de là, la route descend pendant près de 100 kilomètres en direction de la mer. Les échappées précoces pourront facilement être rattrapées sur ce long trajet vers la côte. La vitesse moyenne la plus élevée indiquée dans le tableau de course : 46 km/h. Cela en dit long.
Deux montées à peine visibles sur le profil du parcours, peu avant l'arrivée, invitent toutefois à attaquer et à distancer les sprinteuses pures. La Côte de la Ginestière, située à dix kilomètres de l'arrivée, ne culmine qu'à 152 mètres d'altitude, mais avec une pente atteignant brièvement 13 %, elle est suffisamment raide pour déchirer le peloton.
On peut donc s'attendre à un duel entre les sprinteuses et les échappées de fin de course.
Nous simulons une attaque dans la dernière petite montée. Quel vélo permettrait à une échappée de prendre le plus facilement le large ?
Vous vous en doutez, puisque ce vélo a jusqu'à présent dominé tous les scénarios : c'est le Cervélo S5 qui réalise le meilleur temps. L'aérodynamisme est primordial dans la ligne droite d'arrivée après la côte.
L'avance par rapport à une moto légère est de 25 secondes.
Une arrivée au sprint nous semble toutefois plus probable qu'une échappée. Lorena Wiebes est la grande favorite. Si son équipe la place en tête à l'approche de la dernière côte, il lui suffira de rouler à fond pendant deux minutes pour rester dans le peloton. C'est tout à fait à la portée de cette sprinteuse de haut niveau.
Aperçu du plateau (presque) complet* :
Sur la base de nos propres essais en soufflerie, nous réalisons des calculs de simulation pour le briefing technique du Tour de France. Comment TOUR procède-t-il à ses essais : essai d'un vélo de course aérodynamique en soufflerie.
Nous cherchons à déterminer quelles roues peuvent offrir un avantage technique dans quelle situation. Les variables que nous pouvons modifier dans la simulation sont le poids des roues, le poids du cycliste, l'inertie des roues, le coefficient de traînée aérodynamique, le coefficient de résistance au roulement et le rendement de la chaîne cinématique.
Pour modéliser les temps de parcours, nous utilisons des performances et des poids réalistes pour les coureurs, que nous combinons avec nos données issues de la soufflerie, puis nous faisons courir virtuellement les coureurs sur des tronçons de parcours sélectionnés, que nous extrayons des données officielles du parcours ; les profils altimétriques qui en découlent jouent ici un rôle central. La modélisation inclut également des virages dans lesquels nous pouvons freiner de manière réaliste, ainsi que des profils de puissance réglables adaptés à différents types de coureurs. Nous faisons ainsi la distinction entre les accélérations en montée et les véritables sprints finaux. Au final, tout cela rend la simulation très réaliste. Ce que nous ne pouvons pas reproduire, ce sont les effets liés à la dynamique de conduite, tels que le comportement individuel des roues sur différents revêtements.
Les temps de parcours calculés pour les tronçons décisifs de la course mettent en évidence l'influence des roues – à condition que les coureurs adoptent toujours le même comportement dans un scénario donné.

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