Lukas Niebuhr
· 19.09.2026
Alors que les meilleurs coureurs de contre-la-montre du monde s'affronteront à Montréal pour le maillot arc-en-ciel, un parcours promet du suspense jusqu'à la fin. À première vue, le parcours semble favoriser les rouleurs classiques : des routes larges, des tronçons rapides et de nombreux kilomètres où la puissance pure et l'aérodynamisme sont au premier plan. Mais le championnat du monde ne se joue pas uniquement sur les valeurs en watts.
Les coureurs devront sans cesse venir à bout de passages techniques et retrouver leur rythme avant d’aborder la montée décisive sur les trois derniers kilomètres. C’est là que la course pourrait encore basculer complètement. Des coureurs comme Remco Evenepoel, Filippo Ganna ou Stefan Küng devraient se sentir particulièrement à l’aise sur ce profil, mais la montée finale offre également aux coureurs de contre-la-montre un peu plus polyvalents la possibilité de se mêler à la lutte pour les médailles. Montréal offre ainsi les conditions idéales pour un contre-la-montre des Championnats du monde qui devrait rester indécis jusqu’à la fin.
Pour le contre-la-montre individuel de Montréal, les organisateurs ont conçu un parcours qui convient aux spécialistes classiques, sans pour autant favoriser uniquement les coureurs les plus puissants. Le parcours emprunte en grande partie des routes larges et rapides, sur lesquelles une position aérodynamique stable et un rythme régulier seront déterminants. De longues lignes droites invitent à rouler à grande vitesse et récompensent les coureurs capables de gérer au mieux leurs efforts sur toute la distance.
En même temps, ce parcours exige bien plus que de simples puissances élevées. Plusieurs passages techniques viennent sans cesse perturber le rythme et mettent également à l'épreuve les compétences de pilotage. Quiconque souhaite jouer un rôle dans la lutte pour les médailles doit non seulement disposer d'une puissance moteur exceptionnelle, mais aussi être capable de maîtriser sans faute les exigences changeantes du parcours.
La décision ne devrait de toute façon se jouer qu’en finale. Sur les trois derniers kilomètres, la route monte progressivement, le dernier kilomètre devenant notamment nettement plus raide. Les temps intermédiaires au kilomètre 10,7, 21,9 et 29,8 fournissent certes des indications importantes sur le déroulement de la course, mais dans la montée finale, même des retards importants peuvent encore être rattrapés ou des avances perdues.
Au total, le contre-la-montre des Championnats du monde s'étend sur 39,2 kilomètres et comporte 220 mètres de dénivelé. Le départ sera donné à 12 h 45 sur l'avenue du Parc, tandis que l'arrivée se fera au parc Jeanne-Mance. Comme lors des Championnats du monde 2022 en Australie, les femmes et les hommes parcourront cette année le même parcours.
Le contre-la-montre individuel masculin à Montréal promet une lutte ouverte pour les médailles. Avec sa montée finale exigeante, le parcours semble certes taillé sur mesure pour les spécialistes classiques du contre-la-montre, mais il offre également des opportunités supplémentaires aux coureurs doués sur terrain vallonné. Trois noms figurent en tête de la liste des favoris : Remco Evenepoel, Filippo Ganna et Stefan Küng. Grâce à sa polyvalence et à ses brillants succès aux Championnats du monde et aux Jeux olympiques, le Belge est considéré comme le principal prétendant à la médaille d'or. Ganna reste un candidat à la victoire sur n'importe quel parcours de contre-la-montre, tandis que Küng, grâce à son impressionnante régularité, figure depuis des années parmi l'élite mondiale.
Juste derrière, on trouve un groupe de coureurs qui, si tout se passe bien, pourrait également se mêler à la lutte pour les médailles. Brandon McNulty possède le mélange idéal de talent en contre-la-montre et de capacités en montagne pour la finale, tandis que Daan Hoole s'est imposé ces dernières années comme l'un des meilleurs spécialistes du peloton. Paul Seixas suscite particulièrement l'intérêt. Le jeune Français possède non seulement un énorme potentiel en contre-la-montre, mais il devrait également tirer profit de la finale en montée. Isaac del Toro n’est certes pas considéré comme un spécialiste classique du contre-la-montre, mais son exceptionnelle forme cette saison fait également de lui un candidat à un résultat de premier plan. Parmi les autres prétendants aux médailles figurent également Ethan Hayter, qui a déjà réalisé de nombreuses performances impressionnantes en contre-la-montre au plus haut niveau, ainsi que l’ancien champion de France Bruno Armirail, dont l’expérience sur un parcours techniquement exigeant pourrait s’avérer très précieuse.
Les jeunes spécialistes Jakob Söderqvist et Callum Thornley pourraient également se révéler dangereux. Tous deux comptent parmi les plus grands talents de leur génération en contre-la-montre et ont fait d’énormes progrès ces dernières années. Alors que Söderqvist est considéré comme un spécialiste classique de l’aérodynamisme, Thornley présente un profil plus polyvalent. Il ne faut pas non plus sous-estimer Stefan Bissegger. Le Suisse compte, dans ses bons jours, parmi les coureurs les plus rapides au monde et a prouvé à plusieurs reprises sa classe dans les contre-la-montre individuels. Il en va de même pour Mikkel Bjerg, qui se mesure depuis des années aux meilleurs spécialistes au plus haut niveau et a remporté le titre de champion du monde du contre-la-montre de 2017 à 2019.
Parmi les favoris suivants, on retrouve plusieurs coureurs qui, s’ils ne comptent pas nécessairement parmi les principaux prétendants au podium, possèdent néanmoins un potentiel incontestable pour décrocher un résultat de haut niveau. Mathias Vacek compte parmi les coureurs les plus polyvalents de sa génération et dispose de la puissance nécessaire pour mettre la pression même sur les spécialistes confirmés. Le champion du monde 2022, Tobias Foss, a déjà prouvé qu’il était capable de se surpasser lors des épreuves décisives pour le titre. Alec Segaert, quant à lui, est considéré comme l’un des meilleurs coureurs contre-la-montre de sa génération U23 et se rapproche de plus en plus de l’élite mondiale, même chez les élites. Le Portugais Ivo Oliveira peut quant à lui compter sur sa longue expérience dans les épreuves contre-la-montre. Iván Romeo s’est imposé en peu de temps comme l’un des talents les plus prometteurs d’Espagne et présente un profil bien adapté au parcours.
Au final, ce qui fera sans doute la différence, c’est la capacité de chacun à trouver, sur les 36 premiers kilomètres, le juste équilibre entre prise de risque et gestion de l’effort, afin de pouvoir mobiliser encore une fois ses réserves lors de la dernière ascension. C’est précisément là que se jouera sans doute le maillot arc-en-ciel à Montréal.

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