Aero-Police à MontréalQuand la « Coffee-Ride » se transforme soudainement en championnat du monde

Lukas Niebuhr

 · 22.09.2026

Aero-Police à Montréal : quand la « Coffee-Ride » se transforme soudainement en championnat du mondePhoto : Getty Images / Dario Belingheri
Gil Landim Gomes s'est présenté au contre-la-montre individuel de Montréal dans une tenue plutôt atypique pour l'occasion.
Des vélos high-tech, des casques futuristes et des combinaisons de contre-la-montre moulantes caractérisent les championnats du monde de contre-la-montre. Gil Landim Gomes, originaire de Guinée-Bissau, a toutefois démontré de manière impressionnante à Montréal qu’il pouvait en être autrement. Son apparition inhabituelle lors du contre-la-montre individuel des Championnats du monde est devenue l’une des images les plus insolites de la journée. Gomes s’est présenté avec un vélo de course classique, un casque de route ordinaire et des lunettes de soleil voyantes.

L'important, c'est de participer. Rarement la célèbre devise olympique n'aura-t-elle été aussi bien illustrée lors d'un championnat du monde de cyclisme que lors de cette prestation. Alors que les favoris du contre-la-montre individuel ne négligent aucun détail aérodynamique, Gil Landim Gomes s'est élancé depuis la rampe de départ avec un équipement qui rappelait davantage une sortie à vélo tout à fait ordinaire qu'une course contre la montre au plus haut niveau. Le coureur originaire de Guinée-Bissau a renoncé à un vélo spécialement conçu pour le contre-la-montre et à un casque aérodynamique. À cela s’ajoutaient des lunettes de soleil qui s’inscrivaient même dans un style « cycliste amateur ».

Un contraste avec l'univers de la haute technologie

C'est précisément ce contraste qui a rendu cette prestation si remarquable. La tenue du Guinéen-Bissauais était complétée par des chaussettes rouges courtes, une combinaison de course personnalisée et un bidon aux couleurs du Canada. Dans une discipline où les meilleures équipes recherchent le moindre avantage aérodynamique, cela offrait un tableau rafraîchissant et original.

Et Gomes a même joué un rôle particulier lors de la course : il a été le premier coureur à s'élancer depuis la rampe de départ du contre-la-montre élite. Mais au final, les rôles se sont inversés. Gomes a terminé l'épreuve de contre-la-montre avant-dernier (l'Iranien Arvin Moazemi n'a pas terminé la course et est donc officiellement dernier) et a perdu près de 25 minutes sur le champion du monde Remco Evenepoel, avec une vitesse moyenne d'un peu plus de 33 km/h. Ou, avec un petit clin d’œil : les premiers seront les derniers.

Du premier participant à la vedette de la Coupe du monde

Mais dans ce cas précis, le classement ne reflète qu'une partie de la réalité. Le fait que Gomes ne puisse pas rivaliser sur le plan sportif avec les meilleurs coureurs de contre-la-montre du monde est presque passé au second plan au vu de sa prestation. C'est plutôt par son apparence inhabituelle que ce cycliste de 29 ans, qui avait terminé troisième du championnat national en juin, a attiré l'attention.

En effet, dans le cyclisme moderne, aucune discipline n’est autant marquée par le matériel et l’aérodynamisme que le contre-la-montre individuel. Le contraste visuel n’en a été que plus frappant lorsque Gomes s’est élancé sur le parcours avec un vélo de course classique et un casque de route. Le fait que ce soit justement le premier concurrent à prendre le départ qui sorte ainsi des sentiers battus du contre-la-montre a conféré à ce début de course une originalité supplémentaire. Sur le plan sportif, il a certes terminé à la 60e place, mais les images de sa prestation se sont ensuite répandues sur les réseaux sociaux, faisant de lui l’un des personnages les plus marquants du contre-la-montre des Championnats du monde.

C'est peut-être justement là que réside tout le charme de cette histoire de Coupe du monde. Alors que Evenepoel a remporté par la suite son quatrième titre consécutif de champion du monde du contre-la-montre, Gomes a rappelé, sans avoir battu aucun record, qu'un championnat du monde ne se résume pas uniquement à des secondes, à des valeurs en watts et à l'aérodynamisme. Parfois, une performance exceptionnelle suffit pour marquer les esprits. Parfois, le simple fait d'être là, c'est déjà tout.

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Lukas Niebuhr was born in Bielefeld, is studying for a Master's degree in Sport, Media and Communication Research at the German Sport University Cologne and works as a student trainee in the online editorial team for BIKE and TOUR. He enjoys gravel biking in Cologne and prefers to spend his holidays ski touring or riding his (e-)MTB in the mountains.

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