Robert Kühnen
· 03.08.2026
C'est lors de la troisième étape que commence l'ascension. Le parcours s'étend sur 157 kilomètres, de Genève à Poligny. Dès le départ, nous assisterons à une lutte entre les échappées et les équipes du classement général. Les échappées n'auront sans doute pas la voie libre, mais elles tenteront tout de même leur chance.
Comme la plus grande ascension se trouve dès le début du parcours, les équipes bien pourvues en coureurs ont encore largement le temps, d'ici la finale, de rattraper les éventuels échappés.
Au total, il y a 2 500 mètres de dénivelé à franchir. La troisième étape n'est donc pas une véritable étape de montagne. Néanmoins, même avec un tel profil, le classement peut encore évoluer. Si le rythme est soutenu dès le départ, ce qui est le scénario le plus probable, le peloton se fragmentera rapidement en petits groupes après un départ fulgurant.
Le départ est vallonné, mais la fin de l'étape se déroule sur du plat. Ce n'est pas une journée pour les sprinteuses pures. L'étape se décidera probablement au sprint au sein d'un groupe comprenant également des coureuses du classement général.
Nous simulons une échappée précoce sur toute la distance afin d'évaluer l'impact des vélos. Résultat : un vélo aérodynamique, rapide et léger, prend 6 minutes et 51 secondes d'avance sur un vélo simplement léger.
Malgré le dénivelé, c'est l'aérodynamisme qui prime. Une échappée en solitaire a toutefois peu de chances d'aboutir lorsque les performances aérodynamiques sont déterminantes, car l'effet d'aspiration favorise les poursuivantes. Plusieurs coureuses devront s'allier pour avoir une chance réelle de remporter l'étape.
Le barème officiel de marche prévoit une vitesse moyenne maximale de 40 km/h. Dans notre simulation, la vitesse moyenne maximale est de 39,75 km/h, ce qui nécessiterait en moyenne 265 watts pour un poids corporel de 56 kg. Ce n’est pas impossible, mais c’est beaucoup. Les coureuses les plus puissantes pourraient probablement y parvenir si elles donnaient tout ce qu’elles ont, mais elles répartiront sans doute leurs efforts différemment lors d’un tour par étapes.
Aperçu du plateau (presque) complet* :
Le tableau montre que le matériel « Aero » est particulièrement adapté à une longue échappée en solo. On peut en déduire que les coéquipières et les coureuses du classement général devraient elles aussi s'équiper en conséquence afin d'être parfaitement préparées pour les longues portions à rythme soutenu de cette étape.
Sur la base de nos propres essais en soufflerie, nous réalisons des calculs de simulation pour le briefing technique du Tour de France. Comment TOUR procède-t-il à ses essais : essai d'un vélo de course aérodynamique en soufflerie.
Nous cherchons à déterminer quelles roues peuvent offrir un avantage technique dans quelle situation. Les variables que nous pouvons modifier dans la simulation sont le poids des roues, le poids du cycliste, l'inertie des roues, le coefficient de traînée aérodynamique, le coefficient de résistance au roulement et le rendement de la chaîne cinématique.
Pour modéliser les temps de course, nous utilisons des performances et des poids réalistes pour les coureurs, que nous combinons avec nos données issues de la soufflerie, puis nous faisons courir virtuellement les coureurs sur des tronçons de parcours sélectionnés, que nous extrayons des données officielles du parcours ; les profils altimétriques qui en découlent jouent ici un rôle central. La modélisation inclut également des virages dans lesquels nous pouvons freiner de manière réaliste, ainsi que des profils de puissance réglables adaptés à différents types de coureurs. Nous faisons ainsi la distinction entre les accélérations en montée et les véritables sprints finaux. Au final, tout cela rend la simulation très réaliste. Ce que nous ne pouvons pas reproduire, ce sont les effets liés à la dynamique de conduite, tels que le comportement individuel des roues sur différents revêtements.
Les temps de parcours calculés pour les tronçons décisifs de la course mettent en évidence l'influence des roues – à condition que les coureurs adoptent toujours le même comportement dans un scénario donné.

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