L'interview a été réalisée par Andreas Kublik
TOUR : Maximilian, les fans vous ont vu pour la dernière fois au Tour de France. Lors de deux courses suivantes, vous n'avez pas franchi la ligne d'arrivée. Que s'est-il passé exactement ?
Maximilian SchachmannL'année dernière a été à oublier. J'ai eu des hauts et des bas. Dans l'ensemble, je n'ai pas été assez stable durant la saison. J'étais vraiment en forme au Tour de Suisse. Le Tour de France a été extrêmement dur. Je ne l'ai pas bien supporté. Après, c'était la cata. Mon corps ne réagissait plus à l'entraînement. J'étais toujours à bout. Je ne récupérais d'aucune séance d'entraînement. Il n'y avait rien d'autre à faire que de faire une pause.
TOUR : Le dernier Tour de France a été globalement exceptionnel ?
SchachmannC'était dur pour tout le monde, pas seulement pour moi. C'était aussi dû au fait que nous avions beaucoup de vent arrière. A part les deux jours de repos, il y a eu tous les jours de vraies courses de vélo - même dans les étapes de transition, même si un groupe s'était échappé. Ensuite, Vingegaard et Pogacar ont commencé à s'attaquer mutuellement. C'était dur pour tout le monde, car ils ne se sont pas limités aux étapes de montagne, mais ont essayé à chaque occasion. Là où c'était difficile, c'était difficile. Si les deux ne se montraient pas, les autres coureurs et équipes étaient sous pression, car il ne restait plus grand-chose à gagner.
TOUR : Vous avez souffert d'un syndrome d'épuisement professionnel. Comment vous sentez-vous ?
SchachmannJ'ai dormi entre dix et douze heures la nuit, et encore deux heures à midi - d'habitude, c'est sept à huit heures, sans compter la sieste. Et pourtant, on ne se sent pas bien après. Ce n'est qu'après six semaines d'arrêt complet de l'entraînement que les choses se sont améliorées.
TOUR : Vous avez déjà participé aux courses en Australie en janvier. Quels étaient les doutes entre-temps ?
SchachmannQuand j'ai senti à l'entraînement, en décembre, que les choses avançaient, ce fut un grand soulagement. Auparavant, il y avait déjà de l'incertitude.
TOUR : Cette phase a dû être extrêmement difficile sur le plan mental également.
Schachmann: J'ai eu des distractions parce que ma fille est née à ce moment-là.
TOUR : Maintenant, c'est surmonté ?
Schachmann: Je pense que oui. Cela correspond à nouveau.
TOUR : Vous êtes désormais père. Cela change-t-il aussi votre conception du métier ?
SchachmannC'est une responsabilité. Mais ma femme gère cela très bien, même si elle est souvent seule dans notre maison au bord du lac de Garde parce que sa famille vit au Pérou.
TOUR : Vous vous êtes préparé spécialement pour les classiques de printemps en vous entraînant en altitude au Teide en février. Vous les avez manquées l'année dernière à cause d'une maladie de Corona. Avez-vous une course préférée ?
SchachmannChaque course a son caractère. J'aime bien faire les trois courses dans les Ardennes (outre Liège-Bastogne-Liège, l'Amstel Gold Race et la Fleche Wallonne ; n.d.l.r.). En Flandre, je dois d'abord voir. J'ai toujours pensé que ce n'était pas pour moi, mais lors d'un essai et de mon seul départ jusqu'à présent (2020), j'ai été étonné de voir comment ça monte et ça descend là-bas.
TOUR : Vous avez couru Paris-Roubaix en 2021. Une fois et jamais plus ?
SchachmannCette année, il n'entre pas dans mon programme. Mais je l'ai trouvé pas mal. Mais lors du Tour sur le sec (lors de la 5e étape en 2022), rouler sur les pavés était nettement plus amusant sur le mouillé pendant Paris-Roubaix.
TOUR : A Bora-Hansgrohe entre-temps une nouvelle équipe de classiques ?
SchachmannAvec Bob (Jungels, vainqueur de Liège-Bastogne-Liège 2018), nous avons reçu du renfort. Nous sommes une bonne équipe de classiques en largeur - nous devons jouer sur la largeur. Depuis que Peter (Sagan) a quitté l'équipe, il y a eu une transformation.
TOUR : Avez-vous encore de grands objectifs ?
SchachmannJ'aimerais bien gagner un monument et une étape sur le Tour. Mais pour l'instant, je dois d'abord voir si je peux revenir.

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