C'est un jour noir pour le reporter de TOUR Jörg Wenzel. Pour les besoins d'un reportage, ce passionné de montagne a gravi la route d'accès au Männlichen, un sommet de 2 229 mètres situé en Suisse centrale. La montagne emblématique de Grindelwald se trouve juste devant le décor grandiose des géants Eiger, Mönch et Jungfrau. Le temps est magnifique. Après une pause devant l'auberge de montagne, il redescend en trombe vers la vallée par une petite route à 14% de pente dans la partie supérieure. Mais l'ivresse de la descente ne dure que quelques centaines de mètres. Une détonation - le pneu avant éclate. À 70 km/h, Wenzel perd le contrôle de son vélo et se transforme en projectile. Ce n'est qu'à l'hôpital qu'il reprend ses esprits.
Résultat du crash : une clavicule détruite et sept côtes cassées, dont trois se sont enfoncées dans les poumons. Une chance dans son malheur : l'accident s'est produit dans les montagnes suisses, où le sauvetage par hélicoptère fait partie du quotidien et où les hôpitaux ont un standard très élevé. De plus, Wenzel avait souscrit - comme chaque année - une assurance maladie supplémentaire pour les voyages à l'étranger, qui prenait en charge de manière non bureaucratique les frais qui n'étaient pas pris en charge par son assurance maladie obligatoire, comme le sauvetage par hélicoptère ou le transport des malades vers l'Allemagne.
L'expert en cyclisme Dirk Zedler, qui a déjà accompagné de nombreux camps d'entraînement TOUR dans différents pays, peut témoigner de déroulements bien plus angoissants : "Une fois, en Sicile, je suis resté assis deux heures sur la route auprès d'un cycliste qui était tombé et s'était fracturé le bassin. Malgré la communication italienne via notre hôtel, aucun véhicule de secours n'a pu être organisé, si bien que nous avons finalement emmené le blessé à l'hôpital en taxi". Zedler se souvient également des conditions de l'hôpital local avec des sentiments mitigés. D'un autre côté, il raconte un accident survenu lors d'un entraînement en Catalogne espagnole, où le sauvetage et les soins se sont déroulés de manière exemplaire. "On ne peut pas établir de règle ici. La situation est très différente d'une région à l'autre, d'un cas à l'autre", dit Zedler. Le Dr Sebastian Zimatschek, responsable de l'équipe de secours de la Schwalbe-TOUR-Transalp, le confirme également en prenant l'exemple de la course par étapes : "Il n'est pas nécessaire de se rendre si loin pour le constater. Dans le Tyrol du Sud, par exemple, tout se passe presque aussi bien qu'en Allemagne. Mais dès que l'on franchit la frontière provinciale, distante de quelques kilomètres seulement, pour se rendre en Lombardie, c'est souvent la communication qui fait défaut. Et tous les médecins à l'étranger ne parlent pas l'anglais, loin de là".
ASSURANCE SUPPLÉMENTAIRE POUR LES VOYAGES À L'ÉTRANGER
Sebastian Zimatschek (directeur médical de l'équipe de secours du TOUR Transalp) recommande sans hésitation de souscrire une assurance maladie séparée pour les voyages à l'étranger. Les personnes qui voyagent souvent devraient opter pour une couverture à l'année. De telles assurances interviennent en cas d'accident dans le monde entier et prennent surtout en charge le rapatriement en Allemagne, qui peut entraîner des frais énormes. C'est l'une des différences essentielles avec les prestations des caisses d'assurance maladie légales. Axel Wunsch, porte-parole de la Barmer GEK, explique : "En principe, les assurés obligatoires en Allemagne peuvent bénéficier dans les pays de l'UE, de l'EEE (Espace économique européen, ndlr) et en Suisse des prestations nécessaires prévues par le système d'assurance maladie du pays d'accueil". Le catalogue de prestations peut toutefois différer sensiblement de celui auquel on est habitué en Allemagne, souligne Wunsch. L'assuré doit en outre s'attendre à devoir payer les participations personnelles habituelles à l'étranger. Celles-ci pourraient être nettement plus élevées qu'en Allemagne. "En outre, par décision de l'Office fédéral des assurances, une caisse d'assurance maladie obligatoire ne peut en aucun cas financer le rapatriement d'un patient en Allemagne, même si cela s'avère médicalement utile ou nécessaire".
RAPATRIEMENT EN CAS D'ACCIDENT À L'ÉTRANGER
Dans le cas décrit au début, le rapatriement n'était certes pas la priorité absolue, car des soins optimaux étaient garantis au blessé en Suisse. Après environ deux semaines, Jörg Wenzel devait néanmoins être transféré dans un hôpital allemand. Mais selon la gravité de la blessure et les possibilités de traitement éventuellement insuffisantes dans le pays concerné, un rapatriement peut s'avérer inévitable dès le début. Ou alors, il s'avère après quelques jours que l'on n'est pas satisfait du traitement sur place. Important : en cas de discussion avec l'assurance, il faut donc toujours avoir les coordonnées sous la main, par exemple le numéro de la hotline d'urgence. Quoi qu'il en soit, si l'on ne dispose pas d'une assurance complémentaire, les frais de rapatriement restent à la charge de l'assuré. Et ceux-ci peuvent rapidement s'élever à 10.000 euros ou plus ! En comparaison, les primes mensuelles des assurances maladie pour les voyages à l'étranger, qui ont fortement baissé ces dernières années, font figure de pourboire. Citons par exemple les assurances proposées par l'ADAC (également pour les non-membres, à partir de 13,90 euros selon le package de prestations) ou le Club alpin (à partir de 6 euros pour les membres). Les membres du Club alpin bénéficient en outre déjà, sans frais supplémentaires, du "Service de sécurité alpin" mondial, qui se limite toutefois explicitement aux sports alpins, par exemple le VTT. Mais les caisses d'assurance maladie légales collaborent généralement aussi avec des assurances auprès desquelles il est possible de conclure un contrat complémentaire pour l'étranger pour une somme relativement modeste.
CRASH - Avec ces conseils, vous faites tout correctement sur le lieu de l'accident, même à l'étranger.
- En cas de simples dégâts matériels, il n'est généralement pas nécessaire d'appeler la police. Sauf si la victime ne parvient pas à retrouver le responsable de l'accident ou si les dégâts matériels sont très importants.
-Si des personnes sont blessées, prévenez dans tous les cas la police (appel d'urgence 110). De même, si la question de la responsabilité ne peut pas être clairement établie.
- Si des véhicules à moteur sont impliqués dans l'accident, notez impérativement les numéros d'immatriculation et échangez les données (adresses, assurance responsabilité civile).
- Préservez les preuves (si des tiers sont impliqués) : Documentez si possible avec des photos le lieu de l'accident ou le déroulement des faits, au cas où il y aurait plus tard un litige sur la question de la responsabilité. Les coordonnées d'éventuels témoins sont également importantes. Une assurance de protection juridique est également conseillée en cas d'accident à l'étranger.
PETITS ÉLÉMENTS - Ce à quoi vous devez faire particulièrement attention lorsque vous souscrivez une assurance maladie pour l'étranger
- En règle générale, les assurances proposent des paquets avec différentes prestations, de la couverture de base à divers extras comme les indemnités journalières d'hospitalisation ou les indemnités en cas d'invalidité après un accident.
- Pour quelle durée maximale d'un voyage individuel la couverture d'assurance est-elle valable ?
- La couverture s'applique-t-elle uniquement aux voyages de vacances ou également à d'autres séjours (plus longs) à l'étranger ?
- Y a-t-il des restrictions pour certains sports ?
- Y a-t-il des conditions restrictives pour le rapatriement en Allemagne ? Par exemple, seulement s'il est médicalement nécessaire ? Ou la protection s'applique-t-elle déjà à des conditions "raisonnables" ou "acceptables" ?
- Certaines assurances exigent une participation aux frais médicaux et pharmaceutiques (par ex. 50 ou 100 euros par sinistre).
- Y a-t-il des restrictions quant au choix du médecin ?
- Y a-t-il des restrictions concernant la couverture maximale des frais ?
- L'assurance paie-t-elle une prestation immédiate dans certains cas ? Ou devez-vous toujours faire l'avance des frais avant de pouvoir les réclamer ultérieurement à l'assurance ?
INTERVIEW avec Sebastian Zimatschek
Sebastian Zimatschek est médecin spécialiste en anesthésie et directeur médical de l'équipe de secours de la Schwalbe TOUR Transalp powered by Sigma.
TOUR Si un accident se produit lors d'une randonnée à vélo à l'étranger, que faut-il faire ?
ZIMATSCHEK Si vous disposez d'un téléphone portable, composez d'abord le 112. Ce numéro d'urgence européen permet toujours d'atteindre un service qui peut au moins organiser de l'aide. Ensuite, indiquez les cinq faits les plus importants : Où cela s'est-il passé ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Combien de personnes sont blessées ? Quelle est la nature des blessures ? Qui suis-je pour signaler l'accident ?
Il existe différentes applications d'urgence pour les téléphones portables. Sont-elles utiles ?
Dans tous les cas. Par exemple l'application gratuite Echo112. Elle détermine la position de l'utilisateur via le récepteur GPS du téléphone portable et envoie les coordonnées aux services de secours. Cela fonctionne également dans de nombreux autres pays en dehors de l'Allemagne.
S'il faut aller vite, peut-on demander directement un hélicoptère ?
Seul un médecin urgentiste peut commander un hélicoptère au sens traditionnel du terme. En fin de compte, c'est le régulateur du centre de coordination des secours qui décide des moyens à mettre en œuvre. Il est important de bien décrire les circonstances de l'accident, la gravité des blessures et l'état de la personne blessée. Plus les indications sont claires, mieux c'est.
Comment se faire comprendre lorsque l'accident se produit par exemple dans les Pyrénées et que l'on ne parle pas français ?
Idéalement, il faudrait déjà parler la langue du pays. Souvent, on s'en sort avec l'anglais, mais il y a des faiblesses sur ce point. Ici, on ne peut pas se baser sur le standard auquel nous sommes habitués en Allemagne. Mon conseil : continuez toujours à parler en anglais. Un jour ou l'autre, la personne comprendra de quoi il s'agit ou appellera un collègue anglophone au téléphone. C'est aussi une bonne idée,
selon le pays de destination, de préparer et d'emporter une note avec les phrases les plus importantes en cas d'urgence. Par exemple : "J'ai eu un accident et j'ai besoin d'aide". Ainsi, on comprend tout de suite.
de quoi il s'agit.
Avez-vous un autre conseil pour l'Italie, où les cyclistes allemands passent relativement souvent leurs vacances ?
Ici, je noterais par exemple le numéro du centre de secours de Bolzano, où l'on parle allemand en plus de l'italien. Ils peuvent alors mettre en route les secours, même si l'on a besoin d'aide ailleurs en Italie. Dans d'autres pays aussi, on peut essayer de trouver avant le voyage des points de contact qui nous comprennent.