Faire du vélo pendant la grossesse est-il vraiment sain ? "Il fait même partie des sports recommandés", affirme le Dr Maja Heinrigs, spécialiste en gynécologie et obstétrique à Munich. "L'exercice physique fait du bien à la mère, renforce sa musculature et améliore ses réserves cardio-pulmonaires, c'est-à-dire son cœur, sa circulation sanguine et sa respiration. Le risque de diabète gestationnel diminue".
Celles qui ne sont jamais montées sur un vélo de course ne devraient toutefois pas essayer les pédales à clic et les pneus fins pendant leur grossesse. En effet, le risque de blessure est plus élevé pour les futures mères, car les tendons et les ligaments se relâchent pendant la grossesse.
Mais même les cyclistes expérimentées devraient s'écouter pour savoir combien de temps elles se sentent à l'aise sur une selle étroite et en position de vélo de course. Beaucoup d'entre elles passent à des vélos plus confortables après quelques semaines seulement - les vélos électriques sont également une alternative.
Quel que soit le vélo utilisé, les futures mamans devraient en tout cas renoncer à un entraînement de haute intensité. "Rien que la grossesse augmente la fréquence cardiaque et respiratoire", explique la gynécologue Heinrigs. "Si l'on ajoute à cela l'effort sportif, le besoin en oxygène augmente encore". Certains experts recommandent de ne pas pousser le pouls au-delà de 140 battements par minute. Mais comme la fréquence cardiaque optimale est très individuelle, la doctoresse Heinrigs conseille plutôt le "talk-test" : "Si vous pouvez encore parler en faisant du sport, vous vous entraînez dans la bonne zone en tant que femme enceinte". On peut ainsi vérifier si l'on roule dans la zone aérobie et si l'on ne contracte pas une dette d'oxygène.
Mais le plus important, lorsqu'un enfant est en route, c'est d'écouter son corps. "Ce qui se sent bien est bien", dit la spécialiste Heinrigs. Cela vaut particulièrement pour les sportives de haut niveau, qui ont parfois du mal à réduire leur charge de travail. Rien ne s'oppose toutefois à ce qu'elles fassent une heure d'exercice par jour en contrôlant leur pouls.
Des études montrent que le sport fait du bien aux femmes enceintes (en bonne santé) et à leurs bébés : ainsi, les sportives qui accouchent ont besoin de moins de médicaments, les complications sont moins fréquentes et leurs bébés sont plus en forme et plus légers. Et trois heures d'entraînement par semaine suffisent à réduire le risque de "dépression périnatale", dont souffrent jusqu'à 20 % des femmes pendant et après la grossesse.
La gynécologue Heinrigs peut toutefois dissiper la crainte que le sport puisse déclencher un travail prématuré ou même un accouchement prématuré chez les cyclistes : "Cette crainte est infondée. Il peut toutefois arriver que des contractions utérines se produisent si l'on exagère lors de l'entraînement". Les personnes concernées devraient se ménager et prendre du magnésium. "Les contractions persistantes devraient être examinées par un gynécologue", ajoute Heinrigs. "Il en va de même pour les saignements, la perte de liquide amniotique, les maux de tête et vertiges soudains, les nausées et les douleurs thoraciques".
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