Unbekannt
· 25.03.2016
Question du lecteur de TOUR Eckart E. : Cela fait quatre ans que je fais des brevets, et en 2015, j'ai fait mon premier Paris-Brest-Paris. Mais deux mois après avoir franchi la ligne d'arrivée à Paris, trois doigts de ma main droite (pouce, index, majeur) et deux orteils de mon pied gauche étaient encore engourdis en permanence. Sur les conseils de mon médecin de famille, j'ai commencé par prendre des comprimés de vitamine B. Sans succès. Les conseils d'amis et du net abondent : naturopathe, ostéopathe, orthopédiste, chirurgien sportif, attendre, cure de froid et de chaud. Dans quelle direction dois-je m'orienter ? L'état devient de plus en plus désagréable en raison du manque de sensibilité et de préhension. Sinon, je n'ai pas de douleurs ou de restrictions à cause de cela, je peux aussi bouger les doigts normalement.
Réponse du Dr. Christian Merkl : Les paresthésies dans les extrémités suscitent souvent la crainte que des causes centrales soient responsables de ces troubles. En principe, après une longue randonnée à vélo en position aérodynamique, les troubles de la colonne cervicale peuvent devenir cliniquement pertinents pour la première fois lorsque des rétrécissements du point d'émergence des nerfs au niveau de la colonne cervicale provoquent des irritations au niveau de la racine nerveuse en raison de hernies discales, mais aussi de modifications dégénératives telles que l'arthrose des vertèbres ou des annexes osseuses. Dans votre cas cependant, un nerf périphérique (nerf médian = syndrome du canal carpien) semble avoir été endommagé par une pression mécanique au point de provoquer des troubles de la sensibilité. Dans une autre variante, le nerf ulnaire est endommagé par une pression sur le poignet externe, ce qui entraîne la perte des doigts externes (4 et 5). La prévention consiste à entourer le guidon d'une bande de cuir souple et à le saisir le plus souvent possible pendant la conduite afin d'éviter une pression permanente sur une région du poignet.
Si le nerf est déjà endommagé, un long trajet comme celui-ci est souvent la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Dans ce cas, je recommande de faire mesurer la vitesse de conduction nerveuse par un neurologue. Si celle-ci est considérablement altérée, il faut souvent opérer : Le ligament du canal carpien est alors coupé, ce qui doit permettre de soulager le nerf.