Kristian Bauer
· 12.10.2026
Les Championnats du monde d'e-sport cycliste de l'UCI 2026 rompent avec la logique de course habituelle. MyWhoosh et l'Union cycliste internationale mettent en place une course au classement en deux étapes, dans laquelle les décisions tactiques ont autant d'importance que la puissance en watts. Le maillot arc-en-ciel des Championnats du monde d'e-sport reviendra au coureur ayant obtenu le plus grand nombre de points au total sur les deux étapes, et non nécessairement au premier du sprint d'arrivée. Cela permet de renforcer l'aspect ludique des Championnats du monde d'e-sport.
Ce changement fait passer l'accent mis sur un simple test de performances à un format de course plus complexe. Les pilotes devront réagir à de nouvelles situations et évaluer les risques tout au long de la course. Le championnat du monde aura lieu le 5 décembre 2026 à Copenhague et sera retransmis depuis un studio dédié à l'e-sport spécialement aménagé pour l'occasion.
La première étape s'étend sur 7,6 km et comporte cinq points de contrôle « Surge ». Les coureurs reçoivent un avertissement 500 m avant chaque point de contrôle, mais les emplacements exacts restent inconnus jusqu'à leur activation. Tous les participants à une course bénéficient des mêmes activations de points de contrôle. Les dix premiers coureurs à franchir chaque ligne de chronométrage marquent des points.
Ce format oblige les coureurs à faire en permanence des choix tactiques. Ceux qui se placent en tête dès le début dépensent de l'énergie, mais sont assurés de marquer des points. Ceux qui attendent économisent leurs forces, mais risquent de ne pas avoir assez de distance pour lancer leur sprint. Les coureurs doivent accélérer à plusieurs reprises et récupérer rapidement entre chaque effort.
La deuxième étape se compose de quatre boucles de 5 km chacune, soit un total de 20 km. À chaque boucle, les coureurs choisissent, 400 m avant un croisement, entre deux tronçons de même longueur. Le parcours le plus plat rapporte moins de points, tandis que le parcours vallonné en rapporte davantage, mais demande un effort physique plus important et comporte un dénivelé plus élevé.
Chaque parcours dispose de sa propre ligne de classement. Une fois les parcours réunis, les coureurs passent par un point de contrôle de sprint commun. Chaque tour offre ainsi deux possibilités de classement, soit huit au total sur l'ensemble de l'étape. Lors du dernier tour, la ligne d'arrivée fait office de point de contrôle de sprint final, avec un double nombre de points. Si vous ne faites pas de choix, vous serez automatiquement redirigé vers le parcours le plus plat.
Le choix du parcours fait partie intégrante de la stratégie de course. Le parcours vallonné rapporte plus de points, mais peut coûter de l'énergie ou faire perdre des places au moment où les deux parcours se rejoignent. Le parcours plat permet de récupérer, de conserver sa position ou de se préparer au prochain sprint.
La logique de la course diffère fondamentalement de celle des courses sur route classiques. Le parcours offre des possibilités de marquer des points sans que leur emplacement soit connu à l'avance. Les coureurs peuvent déterminer eux-mêmes leur niveau de risque à chaque tour, en fonction de leurs forces, de leurs faiblesses et de leur propension au risque. Un coureur peut remporter le titre de champion du monde UCI sans franchir la ligne d'arrivée en tête, à condition d'accumuler des points de manière constante au cours des deux étapes et de prendre les meilleures décisions.
Matt Smithson, directeur des sports électroniques et des opérations de jeu chez MyWhoosh, explique la logique qui sous-tend ce format : le nouveau système exige des coureurs bien plus que de simples performances en watts. Les points de contrôle inattendus et les choix d’itinéraire les obligent à analyser la course, à prendre des décisions sous pression et à évaluer quand il vaut la peine de dépenser de l’énergie pour marquer des points. Ce format exploite pleinement le potentiel de l’e-sport cycliste, au lieu de se contenter de reproduire une course sur route dans un environnement virtuel.
Le président de l'UCI, David Lappartient, souligne l'évolution du championnat : les Championnats du monde d'e-sport cycliste de l'UCI misent à nouveau sur des innovations en 2026. Le partenariat avec MyWhoosh permettra de proposer de nouveaux défis et des surprises aux finalistes, qui ont déjà passé avec succès un processus de qualification rigoureux. Ils devront faire preuve à la fois de force physique et d’habileté tactique pour remporter le maillot arc-en-ciel de champion du monde UCI.
Tous les finalistes roulent sur des home trainers ELITE Justo 2. Chaque appareil est préparé et vérifié individuellement par ELITE en vue des Championnats du monde UCI. Cet équipement standardisé vise à offrir à tous les coureurs la même plateforme matérielle et à créer un environnement de course et de mesure des performances aussi homogène que possible pour l'ensemble du peloton.
La finale en direct aura lieu le 5 décembre à Copenhague, au Danemark. Le championnat du monde se déroulera dans un studio dédié à l'e-sport, spécialement aménagé pour l'occasion, qui réunira l'ensemble des participants en un seul lieu et offrira un cadre spécialement conçu pour la retransmission en direct.
Le passage à un site unique remplace le format à deux sites initialement prévu. Cette solution simplifie les déplacements et l'organisation de l'événement pour les coureurs. Le studio de Copenhague permet à MyWhoosh et à l'UCI de regrouper les courses, les coureurs et la production télévisée en un seul lieu.
Matt Smithson y voit plusieurs avantages : le fait de regrouper la finale à Copenhague permet de réunir l'ensemble des participants en un seul lieu et d'utiliser un studio dédié à l'e-sport, conçu spécialement pour la course et sa retransmission. Cela offre un meilleur contrôle sur la présentation des Championnats du monde d'e-sport cycliste de l'UCI et rend l'événement plus accessible aux coureurs. Cette combinaison vise à offrir une expérience plus intense aux athlètes et à tous les spectateurs.

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