Pendant des années, on a répété aux sportifs d'endurance, comme un moulin à prières, qu'il fallait manger beaucoup de glucides et peu de lipides ! Dans la revue "Leistungssport", le Dr Alexandra Schek, nutritionniste de renom, bouscule aujourd'hui ce manifeste : elle cite des études de médecine sportive selon lesquelles la graisse tant décriée s'avère désormais être une source d'énergie importante pendant l'exercice, et ce sous la forme de ce que l'on appelle les triglycérides intramusculaires, une forme de stockage de graisse dans les muscles. Pendant l'entraînement de base, mais aussi lors d'un effort intense, la graisse musculaire fournit de l'énergie aux cellules. Si ces réserves de graisse sont vides, il n'est plus possible de les reconstituer pendant l'effort. C'est pourquoi il est important d'apaiser également la faim de graisse après le sport.
Les réserves de graisse musculaire ont alors besoin de deux jours pour se recharger ; en cas d'abstinence de graisse, elles ne sont plus remplies à cent pour cent. Jusqu'à présent, on préconisait une part énergétique de graisse de 30 pour cent maximum dans l'alimentation, voire moins si possible. Cela incitait de nombreux sportifs à renoncer également à des aliments sains comme l'huile d'olive ou les noix, qui contiennent des acides gras insaturés vitaux. Schek "autorise" désormais les sportifs d'endurance à consommer 35 à 40 pour cent de l'énergie sous forme de graisses et d'huiles, ce qui correspond à environ 18 à 20 pour cent du poids en raison de leur valeur énergétique élevée.