Question de conscienceA-t-on le droit de simplement remplir sa gourde au refuge ?

Gitta Beimfohr

 · 06.08.2026

Question de conscience : a-t-on le droit de simplement remplir sa gourde au refuge ?Photo : Dimitri Lehner
Quand on a bu un verre au refuge ou à l'auberge, on a bien le droit de remplir sa bouteille en se lavant les mains – c'est en tout cas ce que beaucoup pensaient jusqu'à présent.
Cet été, l'eau potable se fait particulièrement rare en montagne en raison de la sécheresse. Cela ravive un débat de longue date : a-t-on le droit de remplir sa gourde au lavabo d'un refuge, ou non ?

Un aubergiste du Salzkammergut exprime actuellement son mécontentement sur les réseaux sociaux : il souhaitait facturer des frais à un client qui avait rempli ses gourdes au lavabo sans demander l'autorisation. Ce dernier lui a alors attribué une mauvaise note sur Internet.

Les arguments du gérant du refuge : le traitement de l'eau du robinet en montagne est coûteux et, après tout, chez soi aussi, on paie pour l'eau du robinet. C'est vrai. Cependant, on pouvait jusqu’à présent partir du principe qu’il suffisait de passer aux toilettes et de quitter le refuge avec des gourdes remplies – bien sûr, ce n’est pas possible. Mais en tant que client payant qui a mangé et bu, pourquoi pas ? Ces 0,7 litre d’eau du robinet devraient tout de même être compris dans le prix. Tout comme le fait de se laver les mains et d’aller aux toilettes. Mais apparemment, ce n’est pas si simple. Surtout lorsque l’eau potable commence à se raréfier dans les refuges en raison de la longue sécheresse.

Club alpin : l'eau et l'énergie se raréfient

Sur les 325 refuges de montagne gérés par le Club alpin allemand en Allemagne et en Autriche, 10 % craignent depuis plusieurs années déjà de devoir interrompre prématurément la saison estivale, en raison d'une pénurie d'eau et d'énergie. Les refuges s'approvisionnent généralement en eau à partir de sources de surface alimentées par les névés, les glaciers et les précipitations. Un système de filtration UV, installé à grands frais dans chaque refuge, traite ensuite cette eau pour la rendre potable et exempte de germes. Mais si ces sources se tarissent en raison du changement climatique, l’eau devra être rationnée dans les refuges. Sinon, ceux-ci risquent de devoir fermer prématurément en plein milieu de la saison estivale. C’est pourquoi le Club alpin demande de manière générale d’utiliser l’eau avec parcimonie dans les refuges.

En moyenne, une personne consomme 120 litres d'eau par jour. Dans un refuge de montagne, en revanche, on table sur 75 litres par personne et par jour. En temps normal. Mais lorsque l'eau vient à manquer – comme cet été –, le gérant doit prendre des mesures pour économiser l'eau :

  • Une éponge (5 litres) plutôt qu'une douche (30 litres)
  • Réutiliser les verres à boire, réduire l'utilisation de la vaisselle
  • Ne pas laver les vêtements à la main dans le lavabo

Une pénurie d'eau peut également entraîner une pénurie d'énergie dans les refuges, car de nombreux établissements produisent leur électricité grâce à leurs propres petites centrales hydroélectriques. Si l'eau vient à manquer en été ou si les glaciers et les névés fondent plus tôt que prévu, les turbines ne produisent pas suffisamment d'électricité. Le gérant peut alors être contraint d'interdire à ses clients de recharger leur téléphone portable ou la batterie de leur vélo.

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Gitta Beimfohr joined the BIKE travel resort during her tourism studies when the Strada delle 52 Gallerie on the Pasubio was closed to mountain bikers. Since Gitta crossed the Alps twice at racing speed, she has favoured multi-day tours - by MTB in the Alps or by gravel bike through the German low mountain ranges.

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