Il est un peu plus de six heures du matin - quelques minutes avant le lever du soleil. Deux projecteurs géants installés sur une passerelle éclairent les huit voies du boulevard Hertzog, dans le centre du Cap. Entre les immeubles, des milliers de cyclistes multicolores attendent, maîtrisés par des forces de l'ordre en gilets fluo. Ils envoient les cyclistes derrière des barrières et les répartissent à l'aide de longues cordes en groupes de 400 à 500 cyclistes chacun.
Ambiance pré-départ comme chaque année lors du Cape Argus Pick n Pay Cycle Tour. Mais quelque chose est différent cette année : les participants sont plus nerveux que d'habitude, l'atmosphère est presque menaçante. Des rafales de vent allant jusqu'à 100 kilomètres par heure sifflent à travers les canyons urbains. Les palmiers se courbent, les bannières publicitaires claquent bruyamment dans la tempête et s'arrachent une à une de leurs fixations. Les cabines de toilettes basculent et s'écrasent au sol.
Le départ est néanmoins donné à 6h15 précises. Les groupes de départ sont envoyés à trois minutes d'intervalle sur le parcours de 109 kilomètres. Dans le premier bloc, les coureurs de 28 équipes professionnelles internationales s'élancent sur la piste. Parmi eux, l'équipe "German National Team", composée de huit coureurs comme Robert Bartko, Olaf Pollack et Patrick Gretsch.
Il faut plus de quatre heures pour que le dernier participant soit sur le parcours. Les conditions sont extrêmes : sur 73 blocs de départ, seuls deux parviennent à franchir les cent premiers mètres sans chute (massive). Derrière un passage souterrain, la tempête souffle si fort que de nombreux coureurs sont tout simplement renversés. Dans les rafales, les cyclistes ne peuvent souvent tenir sur leurs jambes qu'avec l'aide de spectateurs. Ils s'accrochent à leur vélo de course qui flotte dans le vent comme un drapeau. "Ce sont les conditions météorologiques les plus violentes de l'histoire de l'Argus Tour", résume le lendemain le directeur de course David Bellairs. Et cela veut dire quelque chose : la première édition remonte déjà à 32 ans.
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