En quelques années d'existence, depuis 1994, le fabricant suisse de vélos BMC a déjà connu des hauts et des bas extrêmes. L'ascension fulgurante a commencé en 2001, lorsque la marque, alors menacée de faillite et opérant uniquement en Suisse, a été reprise par Andy Rihs, le propriétaire du fabricant d'appareils auditifs Phonak. Le multimillionnaire a assaini l'entreprise et a permis à BMC d'attirer l'attention du monde entier en faisant rouler les professionnels de l'équipe Phonak qu'il finançait sur des vélos BMC. Les succès spectaculaires de coureurs comme Tyler Hamilton ou Floyd Landis ont fait connaître la marque en très peu de temps. S'ensuivit une chute profonde lorsque l'équipe Phonak ferma ses portes fin 2006 après de nombreux cas de dopage, dont celui de Floyd Landis qui lui coûta a posteriori sa victoire au Tour de France. En 2007, en tant que fournisseur de vélos de l'équipe Astana autour d'Alexandre Vinokourov, les choses ne se sont pas mieux passées pour BMC. Le Kazakh a été démasqué comme dopé lors du Tour et la collaboration entre les Suisses et Astana a pris fin après une saison.
BMC s'est ensuite calmée, mais le propriétaire Rihs n'en avait toujours pas assez du cyclisme professionnel. Depuis 2008, il sponsorise une équipe continentale qui, pour simplifier, porte le même nom que les vélos utilisés par les professionnels : BMC Racing Team. La grande notoriété acquise par BMC en quelques années seulement n'est toutefois pas uniquement due aux activités de sponsoring de Rihs. L'aspect distinctif des vélos, auquel les Suisses accordent une grande importance, n'est pas moins important. Des solutions originales comme le "Crosslock Skeleton", un assemblage particulier du tube supérieur, du tube de selle et des haubans, ainsi que des profils de tubes inhabituels et des câbles de frein et de dérailleur internes marquent l'image de la marque et font des vélos BMC des acteurs de caractère dans le genre du vélo de course.
Notre vélo de test "Racemaster SLX 01" en est un bon exemple. Comme pour le cadre de leur modèle à succès "Team Machine", les Suisses misent sur la combinaison de l'aluminium et du carbone. Le tube diagonal, le tube de direction et les bases du cadre sont constitués de tubes en aluminium formés par hydroformage. Le tube supérieur et le tube de direction, ainsi que les haubans monostay placés très bas, sont fabriqués en carbone.
Au niveau du nœud entre le tube supérieur et le tube de selle, on trouve le "Crosslock Skeleton", que les designers de BMC ont réinterprété pour le "Racemaster SLX 01". Le tube supérieur bifurque juste avant le tube de selle, ce qui crée une surface de collage largement soutenue entre les tubes, censée améliorer la stabilité de l'assemblage. Autre élément qui attire l'attention : le tube de selle à section en forme de goutte, dans lequel est insérée une tige de selle spéciale en carbone.
Point fort particulierLa tige de selle est fixée par un dispositif de serrage interne situé juste en dessous de la selle. Un quart de tour avec le six pans creux est suivi d'un claquement net - et la béquille, qui pèse 200 grammes, est déjà fixée comme une bombe. Pour que la liaison entre le cadre et la tige tienne, une fabrication précise est nécessaire. Le "Racemaster SLX 01" répond ici aux attentes d'un produit suisse - qui, comme tous les cadres BMC, est fabriqué à Taiwan.
Dans l'équipement présenté, avec le nouveau groupe Dura-Ace de Shimano, le vélo n'est d'ailleurs disponible qu'en Suisse. Pour le marché allemand, l'importateur GROFA ne fournit que le kit cadre à 1.999 euros.
En selle pour le test de conduiteLa première impression est déterminée par la position de course sportive. Bien que l'ensemble du cadre soit assez lourd (2200 grammes), le bolide de 7,5 kilos accélère avec aisance - conséquence des roues légères de DT-Swiss qui, avec 28 rayons filigranes tendus par des écrous en aluminium, ne devraient toutefois procurer un plaisir durable qu'aux cyclistes légers. La direction est très précise, et grâce à un cadre et une fourche suffisamment rigides, nous n'avons pas ressenti d'instabilité dans les descentes et à allure soutenue. La tige de selle, bien que sa forme en goutte d'eau ne le permette pas, absorbe sensiblement les irrégularités du terrain, contrairement à la fourche.
ConclusionL'attrait du "Racemaster SLX 01" réside dans son apparence originale - le vélo est un visage dans la foule. Le mélange d'aluminium et de carbone ne présente pas d'avantages techniques évidents, mais cela n'enlève rien au plaisir de rouler. Grâce à un équipement léger et de haute qualité, le vélo donne l'impression d'être un vélo de course malgré son cadre lourd.
Web: www.bmc-racing.com
Taille du cadre du vélo de test graissée ; **mesure projetée du milieu du boîtier de pédalier jusqu'au bord supérieur du tube de direction/de la selle/du tube de direction pour une hauteur d'assise de 75 cm (milieu du cadre de la selle - bord supérieur du couvercle du jeu de direction) ; ***poids corrigé pour une taille de cadre de 57 et une longueur de pivot de fourche de 225 mm ; ****d'autres notes individuelles sont prises en compte dans la note, mais nous ne pouvons pas les imprimer pour des raisons de place. L'équipement compte pour 60% de la note finale des vélos complets.