À une époque où l'information est omniprésente, mais où la vérité est de plus en plus fragmentée, le journalisme est confronté à un défi fondamental. Les récits complaisants, les présentations de produits dictées par les relations publiques et les avis d'influenceurs instrumentalisés à des fins commerciales brouillent la vision de l'essentiel. Lorsque des affirmations non vérifiées et des « faits perçus » prennent le dessus, ce n’est pas seulement la décision d’achat de l’individu qui en pâtit : c’est la confiance dans une information fiable dans son ensemble qui s’érode.
Le journalisme spécialisé indépendant remplit donc une fonction sociale : il fournit des faits vérifiables plutôt que des opinions, met en évidence les forces et les faiblesses sans tenir compte des intérêts publicitaires, et donne aux citoyens les informations dont ils ont besoin pour prendre des décisions en toute autonomie. Celui qui est informé peut juger. Celui qui peut juger participe. C’est précisément là le fondement d’une société démocratique.
Mais l'indépendance ne naît pas de nulle part. Elle exige des fondations solides. C'est pourquoi les magazines de cyclisme des éditions Delius Klasing – de TOUR à BIKE en passant par MYBIKE – s'appuient sur le correctif le plus efficace contre la subjectivité humaine : des méthodes de mesure scientifiques que nous appliquons dans nos propres laboratoires d’essai et en collaboration avec des instituts de contrôle certifiés. Nous testons, mesurons et analysons – pour aboutir à des données, des chiffres et des faits qui ne se laissent tromper ni par un marketing habile, ni par une présentation esthétique superficielle. Cette rigueur métrologique est notre promesse envers nos lectrices et lecteurs. En nous mettant sans réserve au service de notre lectorat, nous apportons des repères – libres de toute pression économique et indépendants de la bienveillance de tel ou tel fabricant.
Mais les médias spécialisés ne se limitent pas aux données et aux rapports d'essais. En tant que magazines cyclistes les plus diffusés d'Europe, TOUR, BIKE et MYBIKE apportent une contribution qui va bien au-delà de la simple critique des produits : ils mettent en valeur et promeuvent la diversité de notre société.
La démocratie se nourrit du débat, de la controverse et d’échanges de points de vue qui permettent de voir plus loin que le bout de son nez. Dans nos reportages, nous donnons la parole à des personnalités très diverses, nous abordons des sujets controversés liés à la transition vers la mobilité durable et nous n’hésitons pas à entrer dans le débat. Lorsque nous rendons compte de voyages à vélo dans des pays lointains et à la découverte de cultures étrangères, nous élargissons les horizons : nous parlons de personnes qui dépassent les frontières, de phénomènes liés à la culture du vélo à travers le monde et du pouvoir fédérateur d’une passion commune.
Cette diversité des points de vue n'est pas un simple accessoire : c'est le pluralisme en action. Elle montre comment une presse libre favorise les échanges, combat les préjugés et enrichit la cohabitation culturelle.
Le fait que ce soit justement le vélo qui soit au cœur de notre reportage confère à cette mission une dimension particulière. Le vélo est bien plus qu’un simple équipement sportif ou un moyen de transport : c’est un outil concret de liberté individuelle et de participation à la vie sociale.
Le vélo démocratise la mobilité. Il permet à chacun de se déplacer, indépendamment de sa situation financière, de son statut social ou de la présence d’infrastructures coûteuses. Il ouvre des perspectives d’ascension sociale, facilite l’accès à l’éducation et à l’emploi et reste l’un des moyens de déplacement les plus équitables qui soient. En accompagnant ce mode de transport, en le remettant en question de manière critique et en contribuant à le façonner avec conviction, nous renforçons une culture qui allie autonomie et durabilité.
Les médias libres constituent le système nerveux d'une société libre. L'initiative « La démocratie a besoin de nombreuses voix » nous rappelle que la liberté de la presse et l'indépendance journalistique ne vont pas de soi : elles doivent être conquises et défendues chaque jour.
Que ce soit dans la politique au sens large ou dans le journalisme spécialisé : la liberté s’exprime là où l’on pose des questions critiques, où l’on vérifie les faits en toute indépendance et où l’on rend compte sans restriction. Nous vérifions les faits afin que vous puissiez vous forger votre propre opinion. Sans embellissement, sans compromis – et par conviction profonde en faveur d’une société transparente.

Editor-in-Chief